Atteindre un objectif de neutralité carbone ?

La neutralité carbone est devenue un étendard pour beaucoup d’organisations. Passage obligé pour affirmer un engagement profond sur les enjeux liés au climat. Seulement l’enthousiasme débordant exacerbé par ce type de communication ne doit pas négliger l’essentiel : Comment mettre en œuvre concrètement des actions en place pour que mon organisation ait un impact sur les enjeux climatiques ?

Premièrement, que signifie précisément atteindre un objectif de neutralité carbone ?

Sur le terme, s’instille déjà une ambiguïté, l’idée de neutralité induit implicitement le fait que l’organisation a la capacité d’être neutre au niveau de ses émissions carbone, c’est-à-dire sans conséquence, sans externalité négative.  

Le parlement européen donne la définition suivante :

« La neutralité carbone implique un équilibre entre les émissions de carbone et l’absorption du carbone de l’atmosphère par les puits de carbone. Pour atteindre des émissions nettes nulles, toutes les émissions de gaz à effet de serre dans le monde devront être compensées par la séquestration du carbone. » [1]

Dans cette définition, on peut continuer à émettre à condition que les émissions soient absorbées par les puits de carbone. Pas de doute quant aux émissions, il y en a toujours, car dès que l’on a une activité, on mobilise de l’énergie, et en considérant l’ensemble du cycle de vie d’un produit ou service, on produit des émissions de gaz à effet de serre (CO2 ou équivalent CO2) . La deuxième partie de la définition indique bien qu’il s’agit là d’une mesure planétaire, pas relative à une seule organisation, par contre c’est bien toutes les organisations (y compris les gouvernements) qui participent à l’atteinte de l’objectif de neutralité carbone.

A l’heure actuelle, nous émettons au niveau mondial trop de carbone dans l’atmosphère, environ 40 Gt /an contre une dizaine de Gt absorbables par les puits carbone (sols, forêts, océans …).

Face à un tel différentiel, il va falloir réduire drastiquement les émissions pour s’approcher d’un équilibre entre la capture et les émissions. La capacité des puits de carbone ne permet pas rapidement d’en absorber autant bien que leur capacité peut être grandement améliorée par exemple grâce à des changements dans les pratiques agricoles [2].

Moi, chef.fe d’entreprise, pour contribuer à atteindre cette neutralité, par où dois-je commencer ?

Réduire drastiquement les émissions signifie revoir les modèles d’affaires pour les transformer en modèles bas-carbone. C’est-à-dire que pour une proposition de valeur donnée, les entreprises émettent le moins possible de carbone.

Il ne s’agit pas d’une simple formalité, il est question de passer au crash test son modèle d’affaires. En effet, de fortes émissions vont de pair avec une forte dépendance aux énergies fossiles. L’actualité malheureuse en Ukraine nous rappelle qu’en plus de la menace climatique, elle fait peser une menace géopolitique qui fragilise encore plus nos modèles économiques.

Alors par où commencer ?

La première chose à faire et de savoir: « quels sont les postes d’émissions de mon activité? ». Il s’agit de déterminer les émissions sur la partie la plus large de la chaîne de valeur. Par exemple, pour une entreprise de service, mes émissions les plus importantes ne seront pas les émissions directes mais celles qui sont indirectes à mon activité (les investissements, les transports, déplacements de personnes, leasing …)

Comment faire ?

Mesurer ses émissions:

Afin d’assurer la comptabilisation des émissions d’une entité de manière la plus juste possible, il existe des référentiels nationaux et internationaux.

ISO 14064/14069 [3], Bilan Carbone [4], GHG Protocol [5]

Votre expert-comptable formé à ces méthodes de comptabilité carbone est la bonne personne pour dresser l’état des lieux de vos émissions. Professionnel du chiffre, c’est un tiers de confiance soumis à un code de déontologie et à des normes professionnelles, qui a la maîtrise des méthodes et process de l’entreprise.

Agir sur ses émissions :

Une fois l’état des lieux fait, une étude est nécessaire pour revoir le modèle d’affaires de l’entreprise au regard des dépendances à travers les postes d’émissions les plus significatifs. Il s’agira dans un objectif d’approche globale d’entraîner ses parties prenantes à réduire leurs émissions.

Là encore, de part la connaissance profonde de votre activé par l’analyse et interprétation de vos données financières et extra financières, notre cabinet vous proposera un accompagnement avec une vision 360° pour dessiner un modèle d’affaires durable et sociétalement engagé.


[1] « Qu’est-ce que la neutralité carbone et comment l’atteindre d’ici 2050 ? | Actualité | Parlement européen ». [s.l.] : [s.n.], 2019. Disponible sur : < https://www.europarl.europa.eu/news/fr/headlines/society/20190926STO62270/qu-est-ce-que-la-neutralite-carbone-et-comment-l-atteindre-d-ici-2050 > (consulté le 7 mars 2022)

[2] « Rapport du Giec : L’agriculture est à la fois un fardeau et un rempart pour le changement climatique ». [s.l.] : [s.n.], [s.d.]. Disponible sur : < https://www.novethic.fr/actualite/environnement/agriculture/isr-rse/rapport-du-giec-l-agriculture-a-la-fois-fardeau-et-rempart-face-au-changement-climatique-147585.html > (consulté le 13 novembre 2019)

[3] « ISO/TR 14069:2013(fr), Gaz à effet de serre — Quantification et rapport des émissions de gaz à effet de serre pour les organisations — Directives d’application de l’ISO 14064-1 ». [s.l.] : [s.n.], [s.d.]. Disponible sur : < https://www.iso.org/obp/ui/#iso:std:iso:tr:14069:ed-1:v1:fr > (consulté le 7 mars 2022)

[4] » Nos outils et solutions [En ligne]. Disponible sur : < https://www.associationbilancarbone.fr/les-solutions/ > (consulté le 7 mars 2022)

[5] « Greenhouse Gas Protocol | ». [s.l.] : [s.n.], [s.d.]. Disponible sur : < https://ghgprotocol.org/ > (consulté le 7 mars 2022)

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